Mars Bleu 2026 : Faites-vous dépister contre le cancer colorectal !
Le dépistage du cancer colorectal c'est simple, c'est gratuit et ça peut vous sauver la vie.
Ne remettez pas à demain !
Le mois de Mars Bleu, une occasion de briser le silence
Chaque année au mois de mars, la campagne Mars Bleu invite toute la population à se mobiliser contre le cancer colorectal. Méconnu, souvent tabou parce qu’il touche à des sujets intimes, ce cancer est pourtant l’un des plus fréquents en France — et l’un des plus guérissables lorsqu’il est pris en charge à temps. C’est précisément pourquoi en parler est si important.
Qu’est-ce que le cancer colorectal ?
Le cancer colorectal désigne les cancers qui se développent dans le côlon ou le rectum. Selon l’Institut national du cancer, 47 582 nouveaux cas ont été recensés en France en 2023. Il se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents et représente la deuxième cause de mortalité par cancer, avec plus de 17 000 décès par an.
Ce cancer se développe lentement, souvent à partir de petites lésions bénignes appelées polypes. En moyenne, un polype met une dizaine d’années à évoluer en cancer — ce qui laisse une fenêtre d’action précieuse. L’INCa estime que 10 à 15 % seulement des cancers colorectaux se développent chez des personnes ayant des antécédents familiaux , ce qui signifie que la grande majorité survient sans facteur héréditaire identifié.
La bonne nouvelle : détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 90 % des cas — les patients dépistés à un stade très localisé sont encore en vie 5 ans plus tard dans cette proportion. Le dépistage est donc une arme décisive.
Quels sont les symptômes ?
Le cancer colorectal est sournois : il évolue souvent sans symptômes aux stades précoces, ce qui en fait un cancer difficile à repérer sans dépistage. À un stade plus avancé, certains signes peuvent alerter :
Si vous présentez l’un de ces symptômes, consultez votre médecin sans attendre — même en dehors de la période de dépistage.
Qui est concerné ? Les facteurs de risque
Si tout le monde peut être touché, certains facteurs augmentent le risque. Le mode de vie influence fortement le risque de cancer colorectal : une alimentation déséquilibrée (excès de viande rouge et de charcuterie, manque de fibres), la sédentarité, l’inactivité physique, le surpoids, l’obésité, l’alcool et le tabac en sont les principaux facteurs environnementaux. S’y ajoute l’âge : 95 % des cas surviennent après 50 ans. Des pathologies comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique induisent également une augmentation du risque.
La bonne nouvelle : près d’un cancer colorectal sur deux pourrait être évité en adoptant une hygiène de vie équilibrée — alimentation riche en fruits, légumes et fibres, activité physique régulière, limitation de l’alcool et arrêt du tabac.
Le dépistage organisé : simple, gratuit, salvateur
La France dispose d’un programme national de dépistage destiné aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans, sans symptômes ni antécédents particuliers. Ce dépistage est entièrement gratuit et repose sur un test facile à réaliser chez soi.
Comment ça fonctionne ?
Tous les deux ans, votre organisme de Sécurité Sociale vous envoie une invitation à réaliser le test. Le kit de dépistage peut également être retiré en pharmacie, remis par votre médecin traitant, ou commandé directement en ligne sur monkit.depistage-colorectal.fr.
Le test consiste en un simple prélèvement de selles avec un petit bâtonnet, à déposer dans un tube fourni, puis à renvoyer par courrier prépayé au laboratoire. Le geste est propre, rapide et totalement indolore. Les résultats parviennent en une quinzaine de jours.
Et si le résultat est positif ? Un résultat positif ne signifie pas forcément un cancer. Une coloscopie est alors réalisée pour explorer plus précisément. Elle permet, si des polypes sont retrouvés, de les retirer immédiatement — avant toute transformation maligne.
Dans le Val d’Oise, le programme est coordonné par le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers d’Île-de-France (CRCDC-IDF), en lien avec la CPAM du Val d’Oise. Depuis le 1er janvier 2024, les invitations aux dépistages organisés des cancers sont envoyées directement par l’organisme de Sécurité Sociale auquel vous êtes rattaché (CPAM, MSA, MGEN…).
La situation dans notre département
Les chiffres du Val d’Oise appellent à la mobilisation. Sur la campagne 2022-2023, seuls 33,05 % des Val-d’Oisiens concernés ont effectué leur test de dépistage. Ce taux reste très éloigné de l’objectif européen fixé à 65 % — autrement dit, deux tiers de la population cible dans notre département ne se font toujours pas dépister.
Au niveau national, le taux de participation-population cible est de 29,6 %, stable depuis 2020 et toujours inférieur au seuil européen acceptable.
Ce déficit de participation a des conséquences concrètes : des cancers diagnostiqués plus tardivement, des traitements plus lourds, et des vies qui auraient pu être sauvées par un simple test réalisé à domicile.
En tant que professionnels de santé regroupés au sein de la CPTS Plaine d’Oise, nous nous mobilisons pour faire progresser ce taux sur notre territoire et accompagner nos patients dans cette démarche. Dans notre département, le programme est mis en œuvre par l’Assurance Maladie et par le site du Val d’Oise du CRCDC-IDF, qui participent également à la sensibilisation et à l’information des populations concernées.
Ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui
Le dépistage du cancer colorectal, c’est simple, c’est gratuit, ça peut vous sauver la vie. Ne remettez pas à demain.
Sources :
Cet article est publié par la CPTS Plaine d’Oise dans le cadre de la campagne nationale Mars Bleu 2026.